Affichage des articles dont le libellé est Pyrgos Dirou. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Pyrgos Dirou. Afficher tous les articles

mercredi 7 mai 2014

Un 1er Mai dans le Magne (2)



Cap au  sud pour ce second jour de balade dans le Magne. Premier arrêt dans le pittoresque village de Gerolimenas.  Construit au bord de la mer autour de son petit port naturel, il était autrefois le port le plus important du Magne central. Aujourd'hui l'endroit vit presque exclusivement du tourisme. Cafés et tavernes attendent leurs visiteurs ce 1er Mai.



  


 

 


 
Nous n'avons pas résisté à l'appel d'un bon "frappé" tout en regardant les enfants jouer sur les rochers


  



Dix kilomètres plus au sud, Vathia est peut-être l'exemple le plus abouti de ce que pouvait être un village maniote florissant au temps où la position stratégique de la péninsule favorisait le trafic maritime mais aussi la piraterie à laquelle se livraient certains de ses habitants.
Le clanisme était la règle et la puissance d'une famille se mesurait au nombre de ses édifices. C'est ainsi que Vathia était partagé entre quatre familles, chacune possédant son quartier avec une  tour de défense, des maisons, un pressoir à olives et une église flanquée d'un cimetière. 
La tour qui évolue en hauteur tout au long du 19ème siècle jusqu'à atteindre huit étages devient inutile au 20ème siècle, voire est démolie.

















La lecture la plus facile du village aujourd'hui est de constater qu'i y a une partie complètement inhabitable, une autre ancienne mais encore parfois  habitée en résidence secondaire et une troisième où l'on construit du neuf pour développer le tourisme devenu, avec l'olive, la seule ressource du Magne.







Une dizaine de kilomètres encore au dessus des eaux bleues...





...et nous arrivons au cap Ténare.




Là les Spartiates ont bâti un temple dédié à Posséidon transformé par la suite en chapelle sous l'empire byzantin.  


 


Là aussi les anciens plaçaient  l'une des entrées des Enfers.



Ce qui est certain c'est que se trouve à cet endroit le point le plus méridionnal de l'Europe continentale et que nous y avons rassasié nos estomacs affamés.



Nous sommes rentrés à Pyrgos Dirou par la côte Est de la péninsule, via Kokkala. L'occasion de voir d'autres villages, d'autres tours, quelques petits veaux, de très belles fleurs dans les jardins et des couronnes de 1er Mai ornant les maisons comme c'est de coutume en Grèce.








Pyrgos Dirou où nous résidions possède une plage en contrebas du village, des falaises et des grottes réputées. Heureusement pour moi (claustrophobie oblige) elles étaient fermées hors saison.


Sur l'esplanade toute proche nous avons pu voir que les femmes du Magne n'ont pas été en reste lors de la guerre d'indépendance de la Grèce.


Une journée bien remplie ne trouvez-vous pas? Il est temps de refermer la porte sur cette seconde journée!






lundi 5 mai 2014

Petit voyage dans le Magne (1)


Le 1er Mai aura le goût du Magne cette année pour nous. Un petit périple de trois jours sous un ciel parfois changeant mais sans une goutte de pluie et avec juste ce qu'il fallait de chaleur pour pouvoir se promener en manches courtes.

Le Magne est une région de la Grèce, le doigt central du Péloponnèse pour faire plus simple! 




Partis d'Athènes, nous avons d'abord roulé vers Corinthe sur une belle route à quatre voies.




Une fois franchi le canal de Corinthe, direction Tripoli puis Sparte. On longe alors la chaîne du Taygète et de ses 2404 mètres (o Ταΰγετος). Il reste encore quelques traces de neige.




Notre hôtel est dans le bourg de Pirgos Dirou, pas très loin de l'extrémité du Magne, à une cinquantaine de kilomètres de Sparte.




Hôtel couleur local installé dans de vieux bâtiments rénovés, chambre couleur locale elle aussi. Pas très grande mais bien assez pour y dormir!







On y laisse les valises pour commencer à explorer un peu la région.

Remontant vers le nord, nous commençons par visiter Aréopolis (Αρεόπολη), la ville d'Arès (Mars chez les Romains). C'est une des deux principales bourgades du Magne. Elle revendique l'honneur d'avoir été au point de départ du soulèvement de la Grèce contre l'occupation turque. Tout le Magne reste d'ailleurs très marqué par le souvenir de la guerre d'indépendance en 1821 et l'on y voit partout ce drapeau proclamant "la victoire ou la mort".


                                              Image internet



Aréopolis c'est une rue principale avec tous ses commerces et une belle place bordée de cafés et de restaurants. Ce sont aussi de très vieilles églises et des petites ruelles où se côtoients des maisons éboulées et des maisons restaurées.













La modernité y côtoie le passé.

La seule richesse de la région c'est l'olive. Certaines sont presqu'aussi grosses que des noix!



Nous continuons à monter vers le nord, laissant Aréopolis derrière nous. Si vous m'avez suivi jusque là, vous allez connaître la raison "cachée" de ce périple maniote.

Depuis toujours mon imaginaire a été nourri par ces Grecs  venus en Corse et qui ont fait souche à Cargèse. Quel visiteur n'a pas été intrigué par les deux églises qui se font face dans ce village, l'une catholique, l'autre orthodoxe et ne s'est pas fait conter leur histoire?


                                                                                                                      Image Internet
Pour connaître l'histoire complète de ces Grecs qui choisirent l'exil et aboutirent en Corse, c'est ici.


Pour faire (un peu) plus court, 800 personnes du village d'Oitylo (prononcer Itilo) demandèrent au 17ème siècle à Gênes de les accueillir afin de ne plus être sous la domination ottomane. Gênes accepta moyennant rétribution et les installa dans sa colonie de Corse. Tout se passa bien jusqu'au moment où les Corses se révoltèrent une fois encore contre Gênes. N'ayant pas l'appui des Grecs reconnaissants envers les Italiens, les Corses détruisirent leur village (Paomia) et la colonie grecque se réfugia pour de longues années à Ajaccio. Vous y connaissez peut-être "la Chapelle des Grecs". 
C'est en 1774 seulement, alors que l'île est devenue française depuis 5 ans, que les Grecs sont autorisés à s'installer à Cargèse dont ils font quadrupler la population autochtone.
Depuis lors tout le monde vit en bonne intelligence mais les descendants de ces Grecs d'Oitylo n'ont pas abandonné leur religion ni oublié leurs racines et il y a encore très régulièrement à Pâques des échanges entre les deux villages.

Voici donc Oitylo que je souhaitais tant voir. Dans la montagne, le village. En contrebas sa plage.



















En voyant Oitylo, on comprend pourquoi les premiers Maniotes n'ont pas dû être trop dépaysés en Corse. 

Mon seul regret, ne pas avoir pu photographier correctement la plaque commémorative installée par Cargèse et Oitylo en 1991 sur la place du village, qui rappelle l'histoire de ces Maniotes exilés. La lumière m'était hostile et la dorure des lettres un peu effacée par endroit.



A très bientôt pour la suite de notre voyage dans le Magne.