Le 1er Mai aura le goût du Magne cette année pour nous. Un petit périple de trois jours sous un ciel parfois changeant mais sans une goutte de pluie et avec juste ce qu'il fallait de chaleur pour pouvoir se promener en manches courtes.
Partis d'Athènes, nous avons d'abord roulé vers Corinthe sur une belle route à quatre voies.
Une fois franchi le canal de Corinthe, direction Tripoli puis Sparte. On longe alors la chaîne du Taygète et de ses 2404 mètres (o Ταΰγετος). Il reste encore quelques traces de neige.
Notre hôtel est dans le bourg de Pirgos Dirou, pas très loin de l'extrémité du Magne, à une cinquantaine de kilomètres de Sparte.
Hôtel couleur local installé dans de vieux bâtiments rénovés, chambre couleur locale elle aussi. Pas très grande mais bien assez pour y dormir!
On y laisse les valises pour commencer à explorer un peu la région.
Remontant vers le nord, nous commençons par visiter Aréopolis (Αρεόπολη), la ville d'Arès (Mars chez les Romains). C'est une des deux principales bourgades du Magne. Elle revendique l'honneur d'avoir été au point de départ du soulèvement de la Grèce contre l'occupation turque. Tout le Magne reste d'ailleurs très marqué par le souvenir de la guerre d'indépendance en 1821 et l'on y voit partout ce drapeau proclamant "la victoire ou la mort".
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Image internet |
Aréopolis c'est une rue principale avec tous ses commerces et une belle place bordée de cafés et de restaurants. Ce sont aussi de très vieilles églises et des petites ruelles où se côtoients des maisons éboulées et des maisons restaurées.
La modernité y côtoie le passé.
La seule richesse de la région c'est l'olive. Certaines sont presqu'aussi grosses que des noix!
Nous continuons à monter vers le nord, laissant Aréopolis derrière nous. Si vous m'avez suivi jusque là, vous allez connaître la raison "cachée" de ce périple maniote.
Depuis toujours mon imaginaire a été nourri par ces Grecs venus en Corse et qui ont fait souche à Cargèse. Quel visiteur n'a pas été intrigué par les deux églises qui se font face dans ce village, l'une catholique, l'autre orthodoxe et ne s'est pas fait conter leur histoire?
Pour connaître l'histoire complète de ces Grecs qui choisirent l'exil et aboutirent en Corse, c'est ici.
Pour faire (un peu) plus court, 800 personnes du village d'Oitylo (prononcer Itilo) demandèrent au 17ème siècle à Gênes de les accueillir afin de ne plus être sous la domination ottomane. Gênes accepta moyennant rétribution et les installa dans sa colonie de Corse. Tout se passa bien jusqu'au moment où les Corses se révoltèrent une fois encore contre Gênes. N'ayant pas l'appui des Grecs reconnaissants envers les Italiens, les Corses détruisirent leur village (Paomia) et la colonie grecque se réfugia pour de longues années à Ajaccio. Vous y connaissez peut-être "la Chapelle des Grecs".
C'est en 1774 seulement, alors que l'île est devenue française depuis 5 ans, que les Grecs sont autorisés à s'installer à Cargèse dont ils font quadrupler la population autochtone.
Depuis lors tout le monde vit en bonne intelligence mais les descendants de ces Grecs d'Oitylo n'ont pas abandonné leur religion ni oublié leurs racines et il y a encore très régulièrement à Pâques des échanges entre les deux villages.
Voici donc Oitylo que je souhaitais tant voir. Dans la montagne, le village. En contrebas sa plage.
En voyant Oitylo, on comprend pourquoi les premiers Maniotes n'ont pas dû être trop dépaysés en Corse.
Mon seul regret, ne pas avoir pu photographier correctement la plaque commémorative installée par Cargèse et Oitylo en 1991 sur la place du village, qui rappelle l'histoire de ces Maniotes exilés. La lumière m'était hostile et la dorure des lettres un peu effacée par endroit.
A très bientôt pour la suite de notre voyage dans le Magne.
La modernité y côtoie le passé.
La seule richesse de la région c'est l'olive. Certaines sont presqu'aussi grosses que des noix!
Nous continuons à monter vers le nord, laissant Aréopolis derrière nous. Si vous m'avez suivi jusque là, vous allez connaître la raison "cachée" de ce périple maniote.
Depuis toujours mon imaginaire a été nourri par ces Grecs venus en Corse et qui ont fait souche à Cargèse. Quel visiteur n'a pas été intrigué par les deux églises qui se font face dans ce village, l'une catholique, l'autre orthodoxe et ne s'est pas fait conter leur histoire?
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Pour faire (un peu) plus court, 800 personnes du village d'Oitylo (prononcer Itilo) demandèrent au 17ème siècle à Gênes de les accueillir afin de ne plus être sous la domination ottomane. Gênes accepta moyennant rétribution et les installa dans sa colonie de Corse. Tout se passa bien jusqu'au moment où les Corses se révoltèrent une fois encore contre Gênes. N'ayant pas l'appui des Grecs reconnaissants envers les Italiens, les Corses détruisirent leur village (Paomia) et la colonie grecque se réfugia pour de longues années à Ajaccio. Vous y connaissez peut-être "la Chapelle des Grecs".
C'est en 1774 seulement, alors que l'île est devenue française depuis 5 ans, que les Grecs sont autorisés à s'installer à Cargèse dont ils font quadrupler la population autochtone.
Depuis lors tout le monde vit en bonne intelligence mais les descendants de ces Grecs d'Oitylo n'ont pas abandonné leur religion ni oublié leurs racines et il y a encore très régulièrement à Pâques des échanges entre les deux villages.
Voici donc Oitylo que je souhaitais tant voir. Dans la montagne, le village. En contrebas sa plage.
En voyant Oitylo, on comprend pourquoi les premiers Maniotes n'ont pas dû être trop dépaysés en Corse.
Mon seul regret, ne pas avoir pu photographier correctement la plaque commémorative installée par Cargèse et Oitylo en 1991 sur la place du village, qui rappelle l'histoire de ces Maniotes exilés. La lumière m'était hostile et la dorure des lettres un peu effacée par endroit.
A très bientôt pour la suite de notre voyage dans le Magne.