J'ai toujours eu envie de séjourner dans un moulin mais l'occasion ne s'était jamais présentée. Or cet été, alors que j'étais recluse à la maison à cause de la canicule, voilà que je découvre tout à fait par hasard un hébergement dans un moulin. A seulement 2 heures de Porto Rafti. J'ai vite retenu pour un wek-end prolongé et nous voilà partis samedi dernier pour le village d'Amarynthos où se trouve le moulin.
Amarynthos se trouve sur l'île d'Eubée que nous avons rejointe par le pont qui la relie au continent à Chalkis. Une route littorale, mais pas très pittoresque et très fréquentée par les camions, mène ensuite vers le sud de l'Eubée et Amarynthos.
Mais nous n'étions pas venus pour visiter mais pour profiter de "notre" moulin.
Le voici de face et de dos!
Ce n'est pas un ancien moulin restauré mais une construction réalisée par un particulier pour la louer. Sur le terrain qui est assez grand, il y a aussi un coin repas avec BBQ et four.
Il y a aussi une piscine qui fait aussi jacuzzi et nage à contre-courant. Avec une vue sur mer qui ajoute au plaisir d'y nager.
L'intérieur du moulin n'est pas immense mais il est très bien conçu et aménagé avec goût. Il marie la pierre, le bois et le béton ciré. Au rez-de-chaussée se trouvent la cuisine, le petit coin salon et la salle de bain. A l'étage, la chambre principale surmontée d'une mezzanine.
La nuit, le petit moulin était encore plus... romantique!
Pour le challenge de notre amie Patricia, "24 Heures, Photo", ce sera l'insolite porte du moulin. Certes elle n'a pas le charme d'une vieille porte patinée par le termps, mais elle est ingénieuse. A l'extérieur, c'est un miroir, à l'intérieur, c'est une vitre qui ajoute de la luminosité à la pièce principale et permet de profiter de la vue sur l'environnement du moulin.
Oui cela peut paraître bizarre de dire le 4 juillet que les vacances sont finies. Je parle de nos petites vacances d'été loin de la maison. Car bien sûr nous allons essayer de continuer à profiter de la plage et de la baignade à Porto Rafti, avec des ruses de sioux pour essayer de garder un maximum de ... distanciation.
Ce ne sera malheureusement pas aussi facile que durant ces quelques jours en Eubée. Jugez plutôt! La plage et la mer pour nous seuls ou presque!
Ce sera ma participation au rendez-vous organisé par Patricia chaque samedi.
L'Eubée (Evia, en grec) est la seconde île de la Grèce en superficie, après la Crète, et étend ses 180 km face à l'Attique et à la Béotie. Elle est séparée du continent par le canal de l'Euripe que franchit un pont à Chalkis, la principale ville del'île.
Nous avions choisi de visiter Kymi et sa région, au centre de l'île, à 3h de route environ de Porto Rafti. C'est de là que part le ferry pour Skyros.
Pour rejoindre Kymi, nous avons suivi la route côtière jusqu'à Amarynthos, jolie petite station balnéaire, bien calme ce 29 juin. Mais elle s'animera ce week-end.
Un long front de mer, bordé de terrasses, conduit à une petite plage.
Le tourisme, la pêche et la pisciculture sont les principales activités de cette grosse bourgade de 4 500 habitants.
Abandonnant la côte, nous prenons la direction de Kymi. Le paysage devient plus rural avec ses vignes et ses oliveraies. De jolis villages avec leurs maisons de pierre et toits de tuiles méritent une visite, comme celui d'Avlonari.
Les tours que l'on voit ici ou là ont été bâties par les Francs puis utilisées comme relais optiques par les Vénétiens quand ils occupèrent la région.
Nous retrouvons la mer en arrivant au port de Kymi. Ce port connut un trafic assez important à une époque où on extrayait de la lignite dans la région. Aujourd'hui un ferry, l'Achilleas, -cela ne s'invente pas- assure une liaison journalière avec l'île de Skyros. Quelques petits bâteaux de pêcheurs donnent aussi un peu de vie au port.
Le bourg de Kymi se trouve lui 4 km plus haut, accroché à sa colline. La route est très pittoresque avec ses 52 virages au milieu de la verdure. Un rallye s'y déroule et des pneus de protection sont disposés à demeure!
Notre hôtel était installé dans une jolie demeure patricienne et ne comportait que 7 chambres.
Nous avons été les seuls occupants durant la semaine mais le propriétaire -d'ailleurs très inquiet à cette perspective à cause du covid- avait toutes ses chambres réservées à partir de ce week-end.
La chambre était telle que sur le site de réservation. Tout autant "kitschounette"!
Même encore davantage car je n'avais pas fait attention aux mouettes peintes...au plafond!
Mais la vue sur le large était elle d'un bleu tout à fait authentique. D'ailleurs le village de Kymi est appelé le "balcon de la mer Egée".
Eubée n'est pas l'île la plus connue de Grèce, pourtant c'est la seconde par la taille, la première étant la Crète. Cette île est si proche du continent que beaucoup croient qu'elle en fait partie. Que l'on puisse la rejoindre en traversant un pont renforce encore ce sentiment.
Nous ne sommes partis que deux jours et il n'était donc pas question de visiter toute l'île dont nous connaissons d'ailleurs assez bien la partie ouest. Eubée (Evia en grec) a une longueur de 180 km. Mais c'est une montagne dans la mer , les routes sont étroites et sinueuses et la moyenne ne doit pas dépasser les 40 km/h! A court séjour, court trajet.
Partis de Porto Rafti (à 25 km au sud de Rafina) nous avons rallié Chalkida.
Chalkida (ou Chalkis) était déjà une cité très florissante dans l'antiquité. C'est aujourd'hui la ville la plus importante d'Eubée, un port qui compte un peu plus de 100 000 habitants.
Elle est le point d'entrée en Eubée pour ceux qui souhaitent s'y rendre en voiture.
Laissant Chalkida derrière nous, nous avons emprunté la route côtière vers Erétria. C'est une ville au passé prestigieux, citée par Homère dans l'Iliade, dont la fondation est antérieure à celle d'Athènes. Mais victime de toutes sortes de convoitises, la cité disparut complètement au VIè siècle. Elle ne fut à nouveau peuplée qu'au XIXè siècle, en lien avec la guerre d'indépendance grecque.
Dans les années 1960, elle devint une station balnéaire appréciée à cause de ses nombreuses plages, une station essentiellement familiale.
Nous avons trouvé à y loger pour une nuit dans un hôtel appartement au cadre tout à fait charmant et bien fleuri.
Certaines plages sont désertes à cause de la présence d'algues et propices à la promenade. D'autres sont bien aménagées au pied des hôtels et concentrent les baigneurs.
L'oeil prend plaisir à butiner quelques détails... une île...
...une chapelle...
une vieille charrette...
le bateau d'un pêcheur...
La canicule et la curiosité invitent à entrer dans les boutiqus pour un peu de fraîcheur... Une fois encore l'occasion de vérifier que le monde est petit, tout petit... Le propriétaire de la boutique où nous entrons reconnaît mon accent typiquement... français, m'adresse donc quelques mots dans ma langue maternelle qu'il parle plutôt bien et de fil en aiguille nous découvrons qu'il a un ami qui tient une agence immobilière à 500m de l'endroit où j'ai grandi à Toulouse et où vit toujours ma mère!
Une fois la chaleur un peu tombée, nous avons dîné sur le port, en regardant le ballet des ferries qui relient Erétria à Oropos, sur le continent.
Car, si grâce au pont de Chalkida on peut aller à Eubée par voie routière, il existe aussi plusieurs possibilités de rejoindre cette île par bateau. De même, on peut partir d'Eubée pour rejoindre plusieurs îles des Sporades. Le second jour, nous avons continué à longer la côte sud-est d'Eubée, en direction d'Amarynthos.
Nous y avons visité une belle église dédiée à Saint Nicolas. Une église particulièrement décorée et dont les murs étaient entièrement peints.
Prenant un peu de hauteur, nous avons grimpé jusqu'à Ano Bathia pour visiter un monastère dédié lui aussi à Saint Nicolas. Un endroit merveilleusement choisi pour y trouver la sérénité. Comment ne pas la ressentir près d'un platane millénaire!
Le paysage était typiquement méditerranéen tout autour de nous. Redescendus vers la côte en direction de Styra, nous avons vu de nombreuses fermes piscicoles où grandissent des dorades.
Notre balade s'est arrêtée à Styra, un village paisible, autrefois réputé pour son marbre vert veiné.
Aujourd'hui l'activité s'est déplacée quelques kilomètres plus bas, à Nea Styra, une petite station balnéaire qui dispose de belles plages et d'un port qui permet de rejoindre le continent à proximité de Néa Makri.
La traversée en ferry ne dure que trois quarts d'heure. Mais elle nous donne le sentiment que nous revenons bien d'une île!!
Cette belle balade ne pouvait pas manquer de me fournir l'occasion d'un cliché pour les "24 Heures Photo" de notre amie Patricia.
J'ai pris cette photo à Amarynthos, devant le magasin dont je vous ai parlé plus haut. J'ai souvent vu des bigaradiers plantés au bord des trottoirs en Grèce. Mais c'était mon premier pêcher!